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Ils sont rédigés à l'aide d'un ensemble attrayant de tous les desiderata de nature adonner à l'électeur une situation politique, sociale, industrielle, supérieure à celle qu'il possède.
Tout le secret de la profession de foi se résume à satisfaire la masse ; aussi, en outre de la question de régime, de finances, de travaux publics, soit d'intérêt local ou général, voyons-nous surgir la question ouvrière avec son cortège ordinaire d'impossibilités : caisse de retraite par l'Etal, risque professionnel obligatoire, assurance obligatoire des récoltes et des bestiaux, assurance incendie monopolisée par l'État, assurance du chô- mage involontaire, assurance contre la maladie...
L'assurance ici règne en autocrate, elle est la panacée qui rétablira l'équilibre du budget en déficit, qui éteindra le paupérisme et, parce point de contact avec la question sociale, elle doit être la plate-forme électorale des candidats au siège du Parlement.
Alors nous retombons dans le rêve ; le candidat promet ce que l'élu ne peut tenir ; malgré son bon vouloir, malgré ses promesses, malgré ses tendances de groupe, malgré ses ambitions à devenir homme de gouver- nement, il entrevoit l'inéluctable nécessité de mettre un frein à ses aspi- rations généreuses et il s'avoue incapable de donner le bonheur parfait, tel qu'il l'a fait espérer, car il le conçoit sans méthode, sans science, avec sa philanthropie seulement. Au point de vue social, comme au point de vue politique, l'assurance a donc un mirage trompeur et dangereux.
Puisque l'assurance nous semble incompatible au point de vue social tel que l'entendent les extrêmes, et au point de vue politique selon le sentiment des condidats députés, quel peut être son rôle pratique et moral dans notre organisation sociale? Nous y voici: elle est indispen- sable dans la famille, dans l'industrie, dans les transactions commerciales. Dans la famille, l'assurance est l'auréole, elle plane au-dessus des soucis comme un astre brillant, elle est l'apanage de la paix, du bonheur et de l'avenir, elle consacre l'effort personnel de la production et de l'économie.
Avec elle, les modestes travailleurs, les employés, cette classe si intéressante, écartent l'aléa du lendemain, les riches eux-mêmes, dans leur bruyante odyssée, n'éprouvent nulle crainte des infortunes impré- vues, des jours futurs.
Dans le milieu familial, l'assurance est le bon ange gardien qui, penché sur le berceau du nouveau-né, lui réserve les heures douces ; elle est aussi, cette assurance, la vraie moralisatrice, car elle écarte les dépenses inutiles, le mari reste à la maison, l'enfant est instruit, la fille a une dot et, aux temps d'épreuves, la veuve vit, espère, grâce à l'épargne
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