|
De se procurer des répondants pour les deniers publics qu'il enverrait à Rome.
Cette insistance d'Emôrigon sur les mystères du génie romain sont bien d'un auteur passionné pour l'épopée des Alexandre et des César. On le voit, le grand souci de l'historien est de retrouver le germe de l'assurance dans les lois phéniciennes, rhodiennes, puis romaines.
Alauzet, un autre auteur très estimé dans l'assurance, n'entre pas dans le détail de toutes les combinaisons permises par les lois d'Athènes et de Rome, il lui suffit de trouver qu'elles se prêtaient à tous les besoins et à toutes les spéculations des navigateurs peu fortunés. Quant au contrat à la grosse, il était avantageux pour eux, puisque, en cas de sinistres, la dette était éteinte. Nous trouvons encore dans un excellent livre intitulé Traité des assurances maritimes en France et à l'étranger de M. Labraque-Bordeuave, avocat à la cour d'appel, des détails très curieux sur l'origine de l'assurance en général et naturellement de l'assuranie maritime en particulier.
L'auteur a pris comme devise de son livre cette conviction de Cleirac, avocat au Parlement de Bordeaux en 1061, que les assurances sont juives de naissance, et dans un compte rendu historique très étendu, M. Labraque ne néglige aucun écrit, aucun fait qui jette quelque lumière sur les conventions maritimes empruntant à l'assurance un rapport, si petit qu'il soit.
M. Labraque-Bordenave convient lui aussi que la création et l'origine du contrat d'assurance sont un mystère que trois siècles de recherches n'ont pu éclaircir complètement.
Au reste, si l'assurance véritable et pure dans sa forme ne pouvait être ni une institution de l'antiquité, du bas empire ni de la féodalité, c'est justement parce qu'elle est une convention morale et qu'en ces temps reculés, alors que les hommes ne recherchaient que la propriété du sol, alors qu'en un grand bouleversement en des guerres sans fin, les races créaient leur nationalité, on ne pouvait espérer voir fonctionner dans les trafics douteux l'assurance qui est la consécration de la pros- périté du commerce et de la famille pendant la paix des peuples.
Dans le chaos des premiers âges de l'Europe, la France reste très en arrière du mouvement commercial.
Charlemagne passe comme une grande figure qu'efface l'invasion des Normands, les croisades offrent un répit ; la féodalité, les chevaliers s'en vont à la lutte sainte et de formidables préparatifs maritimes ont lieu ; on ne songe pas à l'assurance, car l'Orient est l'inconnu et on n'ose s'aven- turer pour garantir l'aléa des transactions levantines.
|