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Ce simple aperçu de la conclusion de son livre Y État assureur résume hardiment sa pensée :
« En examinant le monopole des assurances incendie par l'État à « tous les points de vue, nous constatons que l'Etat n'y trouverait que «. mécomptes, embarras de toutes sortes et discrédit.
« L'application du contrat d'assurance contre l'incendie demande une « célérité incompatible avec les rouages nécessaires de tout gouvernement. « L'aléa est tel qu'il déjoue toutes les prévisions budgétaires les plus « sûres, les statistiques les mieux établies, et nous avons démontré que « l'État se verrait dans la nécessité de pratiquer l'assurance dans des « conditions plus défectueuses encore que les Compagnies qui ont sombré « et dont le sort ne doit pas être envié ; il ne trouverait donc que la ruine « à la place des ressources considérables espérées.
« 11 lui faudrait augmenter considérablement sa dette déjà énorme « pour racheter la propriété des Compagnies existantes.
« Enfin, dans l'impossibilité où il serait, quoi qu'il fît, de payer rapi- « dément, largement môme, les deux cent mille sinistres d'incendie qui « éclatent en France annuellement, ce serait autant de mécontents que « le gouvernement se créerait chaque année, et ces ressentiments « s'étendant de proche en proche, parmi les parents, amis ou créanciers e< des sinistrés, formeraient à la longue des inimitiés qu'il est sage de pré- e. voir et qu'il serait imprudent de méconnaître ou de dédaigner.
ee A ces inimitiés il faudrait ajouter: — celles des nombreuses per- « sonnes ayant ou croyant avoir à se plaindre d'un manque de zèle ou de «complaisance de la part des fonctionnaires à l'occasion de l'établisse- « ment du contrat d'assurances ou lors des modifications nombreuses « qu'il doit nécessairement subir; — celles que produirait le nouvel im- « pôt chez les personnes qui ne veulent pas s'assurer ou à qui pourrait « déplaire une élévation excessive de la prime, et elles seraient nom- « breuses ; — celles enfin des milliers d'employés, agents, sous-agents et « experts, qui vivent de l'assurance et que l'Etat réduirait à la misère, « eux et leurs familles.
ee Un danger peut surgir, pour le gouvernement, d'un ensemble de « mécontentements ; surtout si cet ensemble de mécontentements grandit « sans cesse...
L'assurance par l'État ne peut donc germer que dans l'esprit des « gens intéressés à créer quand même, quoi qu'il en puisse advenir, de « nouveaux emplois, de grasses sinécures pour des électeurs influents ou « quelques victimes du suffrage universel.
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