|
« Votre Empire, Sire, est noué d'un bout à l'autre. » « Si l'on jette un coup d'oeil sur l'histoire des corporations depuis la « léodalitô, on s'aperçoit bien vite que ces associations n'ont pas, à toutes „ les époques, eu le même but, ni rendu les mêmes services.
« Quand le pouvoir royal s'affaiblit, les seigneurs songèrent à faire , payer aux artisans le droit d'ouvrir boutique et d'exercer un métier. „ Ceux-ci devaient acheter le droit de travailler. C'est alors que, pour ., mieux résister aux prétentions des seigneurs, et traiter à des conditions ,. plus avantageuses, ces artisans formèrent des associations qui prirent « contre l'autorité féodale la défense des intérêts individuels.
t< Plus tard, la royauté étant devenue assez forte pour empêcher les «. exactions des seigneurs, les corporations perdirent leur utilité primitive. .. Elles tournèrent alors leurs préoccupations vers un autre objet. Elles i: devinrent les confréries fermées qui garantissaient à leurs membres et « à leurs héritiers une sorte de monopole, en élevant des obstacles à ¦ l'admission des apprentis, des ouvriers et des nouveaux patrons.
i< Cette prétention des corporations, qui troublait l'ordre social établi,
« souleva de très vives protestations qui se firent jour dans les assemblées
.. des notables et dans les Etats généraux. A plusieurs reprises, la
royauté, prenant la défense de l'intérêt public, supprima les corporations.
« Avec la Renaissance, les conditions politiques sont changées. La
féodalité a décidément disparu et les rois songent à se prévaloir de l'hô-
« ritage des seigneurs. Les conseillers d'Henri III, modifiant l'ancienne
» tactique, mettent les corporations sous la tutelle de la Royauté. Ils
1 déclarent que, comme aux temps du régime féodal, le droit de travailler
« est domanial et royal et qu'il faut payer pour l'exercer.
« Il est vrai que ce nouvel ordre de choses n'eut pas à l'origine l'im- " portance qu'il prit aux siècles suivants, parce que l'organisation corpo- * ralive n'était pas obligatoire pour tout le royaume. Les maîtrises et les « jurandes n'existaient que dans les grands centres industriels et avaient " été créées sur la demande des intéressés eux-mêmes.
ee C'est pendant le règne de Louis XIV qu'un ôdit ordonna à tous les 8 artisans de France de s'organiser en corps de métiers, et c'est précisô- " ment à partir de ce moment que s'élevèrent les protestations indignées " qui ne prirent fin qu'avec la Révolution.
te Pendant cette troisième période, l'organisation corporative avait " donc pour unique but de permettre à la Royauté de lever de lourds " impôts sur le travail.
« De ce rapide historique, il ressort une double conclusion :
« L'assurance obligatoire, qui rendrait les corporations nécessaires
|