Enfin les trois anabaptistes (c'est le qualificatif que^spirituellemenl ils s'attribuèrent) partirent pour Londres, se mirent en rapport avec les membres de YInstitute of Actuctries et leur proposèrent de réunir à Bruxelles le premier Congrès international d'actuaires. Cette idée accueillie avec empressement par les actuaires de Londres et d'Edimbourg, le fut également par l'Institut des actuaires français , et c'est ainsi que le flam- beau de la science actuarienne éclaira du haut du Capitole bruxellois les cinq parties du monde en général et le public belge en particulier.
Composition du Congrès et discours d'ouverture. —Ce premier Congrès des actuaires a été tenu du Ie' au 6 septembre 1895 sous la présidence
vatoire de Paris, où, soûs la direction de Bouvard et Arago, il apprit à manier les instruments. Sur ses instances il fut procédé, par arrêté royal du 8 juin 182li à la fondation d'un observatoireà Bruxelles ; Quetelet fut chargé de procurer les instruments nécessaires et il fit à cet effet des voyages en France, en Grande-Bretagne et Irlande, en Allemagne et en Italie.
Pendant les annéesdu professoral de Quetelet à Bruxelles l'instruction en Belgique n'était qu'à moitié réglée. Après l'abolition des lois françaises, il fallait établir une nouvelle organisation et on ne l'avait pas encore achevée lorsque la révolution de 1830 vint de nouveau tout renverser. Il va sans dire que Quetelet s'occupa activement de cette organisation et paya de sa personne chaque fois qu'on eut besoin de lui. C'est ainsi qu'il donna des cours de physique et d'astronomie au Musée des sciences et des lettres, un établissement qui fut ouvert le 3 mars 1827. En 1832 il s'installa à l'observa- toire de Bruxelles et il y resta attaché jusqu'à sa mort. Depuis cette époque il montra une prôf èrence pour l'astronomie. Tout en s'appliquant constamment aux sciences physiques et à leurs branches connexes, il retournait avec prédilection à l'astronomie, s'occupant en même temps de la statistique, une science peu connue jusqu'alors en Belgique età laquelle il était conduit par les calculs de probabilité, une science indis- pensable dans l'étude de l'astronomie. 11 avait déjà écrit en 1828 une « méthode populaire pour le calcul des probabilités », dans laquelle il démontra leur signification par rapport à l'astronomie. Pour montrer jusqu'à quel point ses nouvelles occupations parvinrent à l'absorber, disons qu'en 1831 il donna sa démission comme professeur.
Le premier Mémoire de statistique porte la date de 1825 et est intitulé : « Mémoire concernant les lois de naissances et de la mortalité à Bruxelles ». Ce fut le baron Fourier qui offrit le Mémoire au nom de l'auteur à l'Académie des sciences à Paris. Quetelety dit entre autres : « L'établissement des Compagnies d'assurances sur la vie dans nos provinces et le désir de consolider ces entreprises, si utiles si elles sontdiri- gôes avec de bonnes intentions, nous ont amené à faire une enquête sur les lois de mortalité età rechercher en même temps les lois des naissances. » 11 trouva les données pour ses calculs dans les registres do la population de Bruxelles; ses tables de morla lité ne se rapportèrent donc qu'à cette ville. A sa prière, Lemaire, Timmermans et Verhulst composèrent des tables de mortalité pour Tournai, Gand et Amsterdam. En faisant usage de la table de Lemaire, établie sur 8771 décès, et d'une autre, parue à
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