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Association a lieu par individus, tout respire l'esprit de liberté. La sou- mission et la crainte l'ont place au courage et au dévouement pour la patrie. Telle est l'opinion du grand criminaliste du xvm° siècle sur la cons- titution des peuples. Il distingue les associations par individus et les associations par groupes.
L'organisation des corporations rentre dans cette seconde catégorie, ot, quoique ces groupements ne s'appliquent pas à la nation entière, ils soulèvent, au point de vue des personnes qui y sont soumises, les mêmes objections et les mêmes critiques.
Les patrons incorporés aliènent nécessairement une part de leur liberté. Sous l'ancien régime, ils ne parvenaient à se soustraire à la con- currence qu'en se plaçant sous la double surveillance de leurs collègues cl de celle des autres corporations qui veillaient pour défendre leurs privilèges. Aujourd'hui encore, le même conflit renaîtrait entre les corpo- rations pour la répartition de la responsabilité suivant les dangers inhé- rents à chaque corps de métiers.
Quant aux patrons, leur surveillance réciproque serait peut-être encore plus rigoureuse et plus insupportable, parce qu'elle s'exercerait sur le bon état de l'outillage industriel et sur l'adoption d'appareils de prévention contre les accidents. Toutes ces entraves à la liberté indivi- duelle arrêteraient l'esprit d'initiative des uns, et compromettraient les affaires des autres, en leur imposant des dépenses quelquefois excessives. Les critiques do Beccaria s'appliquent donc avec toute leur force aux corporations de patrons, et l'on ne saurait trop méditer les appréciations de notre grand criminaliste.
Toute association obligatoire placée entre l'Etat et l'individu diminue la liberté individuelle et, si elle ne s'applique pas à tous les citoyens, elle porte atteinte au principe de l'égalité civile : double résultat qu'il n'est
pas permis de considérer comme un véritable progrès
Ne sont-ce pas là entre mille autres, que nous ne pouvons malheureu- sement citer, des réponses triomphantes aux articles violents, utopistes cl légèrement étudiés dontsont couverts les journaux quotidiens, rédigés, imprimés et distribués au monde entier en cette fin de siècle de grâce, où l'assurance élève une controverse extrêmement complexe?...
En 1895. — Voeux de Conseils généraux. — Les Conseils généraux de 1895, comme ceux de 1818, subissent l'influence législative et votent des voeux qui convergent généralement à l'idée de l'État assureur.
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