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132 HISTOIRE GÉNÉRALE DR 1,'ASSIJRANCE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER
« Enfin il peut se faire assureur lui-même.
« Ces trois modes d'intervention gouvernementale ont été pratiqués « en France dans le cours de ce siècle ; tous trois ont donné de mauvais a résultats.
« I. — La première Société d'assurances qui s'est formée après la « Révolution était une Société mutuelle contre la grêle, créée à Toulouse « en 1802.
« Son fondateur en avait soumis les statuts au Ministre de l'Intérieur « Chaptal, qui leur avait accordé une approbation bénévole. L'autorisa- it tion obligatoire n'existait pas encore.
« Edictée par le Code de commerce (1807) pour les Sociétés anony- « mes, cette autorisation fut encore déclarée nécessaire pour les associa- « tions de la nature des tontines, par un avis du Conseil d'État du « l" avril 1809, et pour les associations d'assurances mutuelles contre les « ravages de la grêle et des épizooties par un autre avis du 30 septembre « de la même année. Ce dernier avis se fondait sur ce que « les engage- « ments des associés et leur exécution pouvaient, parleur mesure comme « par leur mode, intéresser l'ordre public».
« Dix ans plus tard, une circulaire du Ministre de l'Intérieur, du « 25 octobre 1819, explique que « les assurances mutuelles sont soumises à « l'approbation et à la surveillance du gouvernement, non pas simplement « à cause de l'article 37 du Code de commerce et comme assimilées aux « anonymes dont elles empruntent, en effet, quelques formes, mais « principalement pour le fond et pour l'objet même de l'association, dont « la nature est telle que l'autorité a dû se réserver d'en prendre connais- « sance e.t de les approuver... Un système d'assurance mal combiné, « appliqué soit aux propriétés, soit à la vie, pourrait compromettre la « sûreté publique et même encourager certains crimes... »
« Si l'on songe qu'il s'agissait alors d'expérimenter des nouveautés, « on comprend assez bien ces théories d'un pouvoir autoritaire. »
Elles ont eu pour résultat, dit l'orateur, de retarder le développement de l'assurance sur la vie et notamment celui des assurances agricoles, que l'on assujettit à deux conditions qui les paralysaient entièrement : « On posa en principe, pour les Sociétés d'assurances contre la grêle ou « contre la mortalité du bétail : 1° qu'en mutualité les contributions des « associés devaient être toutes égales ; 2° que les propriétés assurées « devant être connues de tous les intéressés, afin que chacun puisse y « surveiller de ses yeux l'existence et la valeur des objets, la vérité et « l'intensité des accidents..., on ne pouvait approuver aucune Société « qu'on voudrait rendre générale ou étendre à une vaste circonscription. »
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