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Or, M. Lejeune signala à ses deux collègues le Text-Book de l'Institut des actuaires de Londres, ouvrage classique en Angleterre, dû à la colla- boration de MM. Sutton et Georges King, et fixant dans une forme claire, méthodique, universellement admirée par les initiés, l'état des connais- sances scientifiques actuellement acquises en matière de finances et d'assurances sur la vie. Mettre le Text-Book entre les mains du public de langue française, ce fut la première entreprise des trois amis. Ce tra- vail dura trois ans; ce ne fut qu'à la fin de 1894 que parut la traduction du Text-Book avec la préface de M. Mahillon qui fit un bruit énorme, l'auteur signalant les fatales erreurs auxquelles se laissaient entraîner législateurs et fonctionnaires lorsqu'ils avaient à traiter les questions de prévoyance.
la seconde partie de cette dissertation il traita des propriétés d'une courbe spéciale, découverte par lui, dite la ligne focale, une découverte qui, aux dires de ses amis, le fil placer d'emblée sur une même ligne que le grand Pascal.
Parmi les amis et les collègues de Quetelet à Gand, citons G. Daudelin et damier, ce dernier enseignant les mathématiques élémentaires, l'astronomie physique et les branches collatérales ; et encore Raoul qui donnait le cours de littérature fran- çaise. En collaboration avec Daudelin, qui partit bientôt, il écrivit le libretto d'un opéra intitulé « Jean II, ou Charles-Quint dans les murs de Gand » ; Ch. Ots en com- posa la musique. Garnier était un mathématicien de grande valeur ; aussi Quetelet le considéra-t-il comme son maître et tira-t-il beaucoup de profit de ses leçons et de ses entretiens avec lui. Raoul enfin inspira au jeune savant l'amour de la poésie. On trouve dans les Annales de Belgique, dans le Mercure Belge et dans d'autres publica- tions périodiques plusieurs poésies de Quclelei. Une do ces oeuvres attira l'attention de Falck, ministre de l'enseignement public, lequel, sur la recommandation de Raoul et Garnier, nomma, au commencement d'octobre 1819, Quetelet comme successeur de Delhaye, professeur de mathématiques élémentaires à l'Université de Bruxelles.
Inutile de dire qu'un homme d'autant de talent devait faire bonne figure comme professeur. Il enseigna la géométrie descriptive de Monge, la perspective, les calculs de probabilité suivant Lacroix, la physique expérimentale et les éléments de l'astro- nomie. Plus tard il y ajouta l'algèbre, la géométrie analytique et les calculs différen- tiels et intégrais. De haute taille, ayant une belle figure et des manières affables, il sut gagner les sympathies de son auditoire ; la grande clarté de son style 6t ses beaux dessins géométriques contribuèrent également à exciter et à soutenir l'intérêt dans les sciences exactes qu'il enseignait.
Deux événements qui eurent lieu respectivement en 1820 et 1825 exercèrent une grande influence sur la carrière de Quetelet. Il fut nommé en 1820 membre de l'Aca- démie royale des sciences à Bruxelles, dont il fut plus tard le secrétaire perpétuel ; cela lui donna une nouvelle occasion de soumettre ses traités sur des sujets de haute mathématique à des hommes compétents et de les faire imprimer. L'autre événement auquel nous faisons allusion fut son mariage avec Mlle Curlet, la fille d'un médecin français, le 23 septembre 1825.
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