|
HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ASSURANCE EN FRANCE ET A 1.'ÉTRANGER
» pas obtenu la faveur du public qui préfère s'adresser aux Compagnies « d'assurances où il trouve toutes les conditions, tous les avantages ot « enfin des facilités répondant complètement à ses besoins si variés.
« C'est ce qui explique évidemment pourquoi ces caisses végètent « depuis leur fondation déjà ancienne, et ont donné des résultats si peu « encourageants pour les partisans de l'assurance par l'État.
« Ainsi que l'a prouvé, dans une brochure spéciale, M. de Kertanguv, « un de nos assureurs les plus distingués, ces assurances, notamment o pour la caisse des retraites, sont calculées d'après des tables de; morla- « litô absolument défectueuses et des taux trop élevés de capitalisation. « L'Elat a voulu faire oeuvre de philanthropie avant tout; il a dédaigné « la formule scientifique et l'élément de statistique des Compagnies, mais « c'est à son détriment, ou plutôt à celui des contribuables.
« En effet, l'année dernière, à propos d'un nouveau projet de loi sur « la caisses des retraites (projet qui, jusqu'à présent, n'a ôlé voté qu'en « première lecture), M. Tirard, alors ministre des finances, a été forcé « d'avouer à la tribune de la Chambre que la caisse des retraites « a subi différents déficits dont le total atteint le chiffre énorme de 85 mil- « lions, somme qu'il a fallu naturellement prendre dans le Trésor. Or, ce « déficit ne peut aller qu'en augmentant, tant que cette institution gou- « vernementale existera et qu'elle aura des opérations à apurer.
« Et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que les sacrifices que s'im- « pose l'État ne profitent pas à ceux auxquels le gouvernement s'inté- « resse le plus. Ce n'est pas l'ouvrier qui s'adresse à cette caisse fondée « spécialement pour lui, ce sont les rentiers, parce qu'ils y trouvent un « bénéfice. Ces derniers vont y verser le maximum de rente viagère * qu'on y accepte, et ils portent le surplus dans les Compagnies d'assu- « rances.
te En outre, l'Etat offre dans cette institution 2 0/0 environ de plus •t aux rentiers qu'il ne permet aux Compagnies de leur servir. 11 fait donc « à ces dernières une concurrence d'autant plus préjudiciable que les « armes sont inégales.
« Cette situation, due à l'imprévoyance du législateur, ne peut durer te sans causer un déficit considérable et croissant au Trésor ; et cependant « on voulait, l'année dernière, accorder 4 1/2 aux déposants, et peut-être « même 5 0/0 aux Sociétés de secours mutuels. Or, les meilleurs place- « ments ne rapportent actuellement que de 4 ai.1b 0/0. Où l'État ira-t-i! c donc chercher les différences qui lui manqueront ?
« On peut juger, par ce rapide exposé, de la compétence de l'État en te matière d'assurance, et as faire une idéo de la situation dans laquelle co
|