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M. Dubroca élabore, dans cette prévision, tout un système étendant le système mutuel avec prime ou cotisation unique à la réparation des dommages causés par l'incendie, la grêle, la gelée, l'inondation, l'épi- zootie.Tour à tour, il adresse au ministère des rapports sur les assurances on général, des notes, des projets et avant-projets de décrets, de condi- t;ons générales pour l'assurance incendie, qui passent assurément entre les mains du Prince-Président, mais qui ont le sort commun réservé aux projets ajournés, et s'en vont jaunir dans les cartons ministériels de l'oubli. C'est sans doute en ces pages fiévreuses où Dubroca découvre son plan, qu'ont été recueillis les germes de l'organisation des services de la Caisse Agricole de 1858.
IJ Etat- P roridence et les créateurs de Sociétés — les Conseils généraux ei leurs ooeux de 1847 à 18ôo.— Le cri d1 Etat-Providence affole les esprits, tourne les têtes, l'écho s'en répercute de département en département, un souffle de prévoyance traverse la France et simultanément, sans étude préalable, on crée [des Sociétés assurant toutes sortes de risqes : Assuran- ces sur les productions du sol, contre l'êpizootie, contre le recrutement, contre les faillites, assurances sur marchandises dans les magasins agréés par l'État, assurances sur vers à soie, assurance pour le roulage, assurance contre les dégâts fait aux devantures de magasins et bouti- ques, assurance contre les inondations, assurance contre la destruction par l'incendie des titres et minutes déposés chez les officiers ministériels, assurance contre la contrefaçon des produits brevetés, marques de fabriques... 'assurances contre les vols dans les églises et la fêlure des cloches, assurance contre les procès (1); mais où l'utopie, le rêve rognent triomphants, c'est au sein des Conseils généraux : Dieu n'est plus la Providence et celle-ci n'aide plus l'homme; l'Etat est tout !
Encore sous le Grand Roi l'État était un être personnel puisque l'Etat était Louis XIV; maintenant, l'État est aussi impersonnel que la Providence est impalpable. Alors ? Mais nos braves conseillers n'allaient pas si loin. Pour eux l'État était un organe autonome, qui tenait sa vitalité de la nation et qui devait aux membres de cette dernière, aide, secours, protection, bienveillance et mille et coetera au nombre desquels se trou- vait l'assurance...
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