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« Nous nous sommes étendu sur la très grave question de l'assis c< rance de la faute. Contrairement à l'opinion des anciens légistes, nous « avons soutenu que la liberté des conventions doit aller jusqu'à la « garantie des fautes des préposés, même des fautes personnelles de « l'assuré, jugées excusables. La convention est naturellement libre de » restreindre ou de refuser cette garantie. Nous avons dit que l'ordre « public est intéressé à la punition de la faute lourde, confinant au dol, « et que les tribunaux sont nécessairement les appréciateurs du degré de « la faute, en cas de litige entre l'assureur et l'assuré. Nous comprenons « mal comment l'Etat assureur résoudra cette délicate question, dont so « joue la liberté des conventions, et de quels tribunaux il acceptera la * décision.
* Ce ne seront pas les seuls litiges! Lors de chaque sinistre, la dôtcr- « mination des dommages est déjà un débat contradictoire. On se « rapproche, on appelle des experts, ou des arbitres, on transige très « souvent. Les assureurs ont intérêt à contenter leur clientèle. Finale- o ment, si l'on ne se met pas d'accord, ce qui est rare, on plaide. Il en « est ainsi de l'exécution de tous les contrats quelconques. Nous plain- te drons les assurés qui auront à se défendre contre toutes les forces de « l'État, à commencer par la force d'inertie. Nous les plaindrons surtout « s'ils ne sont pas agréables au gouvernement du moment. Nous ne « savons pas comment des fontionnaires négocieront ces mille transac- i tions qui sont la pratique journalière des règlements de sinistres. « Nous voyons la porte ouverte à toutes les sollicitations, à toutes les «influences, à toutes les acceptations de personnes, et, en vérité, nous m plaindrons les sénateurs et les députés, condamnés à surajouter, au « fardeau déjà si lourd qui pèse sur leurs épaules, l'obligation d'inces- i santés sollicitations dans les bureaux du ministère des assurances, « car il faudrait un ministère en faveur des électeurs assurés qui « auraient souffert du moindre dommage.
« Nous avons dit que l'assureur prudent, soucieux de maintenir son « crédit, se précautionne de trois manières. Il limite ses souscriptions « sur un môme risque, il évite les agglomérations, il excepte enfin de sa « garantie l'éventualité des risques qui, lorsqu'ils se réalisent, ont, par « la solidarité, le caractère d'un désastre général. Nous avons montré «. qu'à raison de ce caractère de solidarité, il y a des risques non assu- « râblés. Nous avons cité l'exemple le plus frappant, le phylloxéra. L'État « assureur n'aurait aucune de ces ressources. Il ne pourrait pas défendre « son crédit. Il ne saurait, ni refuser les mauvais risques, ni se modérer « sur les risques médiocres, ni diviser et particulariser les risques en
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