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Mais si le législateur doit reconnaître leur légitimité, il ne lui est „ pas permis de faire plus. Il ne saurait, en particulier, supprimer ou „ restreindre l'initiative individuelle, Il ne peut ni rendre l'assurance „ obligatoire, ni confier à l'Etat le soin de remplir les fonctions d'assu- „ reur, et de faire concurrence aux Sociétés privées, et, à plus forte raison. « do les remplacer.
« Seuls les socialistes sont en mesure do préconiser en pareille n matière l'idée de l'obligation, le régime de l'assurance par l'État. »
M. Leroy-Bcaulieu prononce un discours à la Société d'Economie politique de Paris et conclut ainsi :
« Aujourd'hui, on parle d'organiser, à grand renfort de millions,
« l'assurance contre les accidents; demain, ce sera l'assurance obliga-
i. toire contre la vieillesse et on imposera aux finances publiques des
« charges énormes, qui iront toujours en s'aggravant, à mesure que les
H intéressés arriveront à l'âge de la retraite. Mais ce qu'il y a de plus
... fâcheux peut-être que le côté financier, c'est le côté moral. L'assurance
i. obligatoire, s'ôtendant, par la seule force des choses, dans les divers
domaines do l'activité humaine, affaiblirait graduellement le grand
<. moteur de la civilisation, c'est-à-dire l'effort individuel, qui a affranchi
« l'homme. On substituerait un être automatique qui ne sera plus tenu de
- penser à rien, à l'être responsable d'aujourd'hui. Si vous faites en sorte
» que chacun n'ait plus à se préoccuper du lendemain, qu'il n'ait plus
« d'effort à faire pour assuser son existence et celle des siens, si vous
" enlevez tout stimulant et tout principe de prévoyance, vous courrez
" grand risque d'étouffer, à la longue, cette civilisation qui a eu tant de
" mal à naître et à grandir, sous la fécondante influence de la liberté. »
M. Arthur Raffalovich fait à l'Académie des Sociétés morales et politi- ques une intéressante communication dans laquelle il donne les résultats d'une enquête qui vient d'être faite en Allemagne et qui a pour objet d'étudier les effets des lois d'assurances sur le fonctionnement de l'As- sistance publique. Il est extrêmement difficile de se rendre compte d'avance des effets d'une législation déterminée.
« Il existe de mauvaises lois, des lois de circonstance qui ont été » faites avec des arrière-pensées et dont l'abrogation est malheureuse- " ment très difficile. Lorsqu'il s'agit de défendre la société dont on fait " partie contre l'introduction de lois qui semblent dangereuses, mais qui
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