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Toute l'étendue du territoire de la France, nous ramènerait aux p|Us te mauvais jours de l'organisation du travail sous l'ancien régime.
ee Le but principal des maîtrises et des jurandes n'a jamais été de « mettre à la portée des ouvriers les moyen de gagner leur vie, et de ee trouver plus facilement une occupation appropriée à leurs aptitudes. (je « n'est que dans les documents officiels qu'on rencontre l'apologie intéres- « sée des corporations; mais c'étaient des justifications tardives et inven- « tées pour cacher leur véritable rôle. »
M. Ed. Olivier a raison, tous les partisans de l'assurance obliga- toire considèrent que la formation de corporations de patrons est indispensable pour rendre effective leur responsabilité ; eh bien, ee nouveau rouage introduit dans notre organisation sociale actuelle réalise-t-il un progrès?
Cette question a généralement été laissée dans l'ombre. On accepte ce résultat comme une nécessité. Il serait cependant prudent d'exa- miner les effets de cette institution placée entre le gouvernement et les citoyens.
Beccaria (1), dont l'autorité est indiscutable, étudie la constitution des nations à un point de vue général. 11 compare l'antique organisation des peuples fondée sur l'union des familles au groupement des indivi- dualités suivant la méthode moderne. Ce savant auteur déclare qu'il n'est pas convenable qu'il y ait entre l'État et l'individu une institution sociale qui maintienne celui-ci en état de minorité après qu'il a atteint l'âge où il est devenu majeur. Si la société est une association de famille, il n'y a que les chefs qui sont libres; tous les autres hommes sont esclaves. Une telle république serait formée d'une infinité de petites monarchies administrées plus ou moins despoliquement par des chefs, et, comme ce sont ces mômes chefs qui seraient chargés plus ou moin? directement de faire les lois de l'Etat, l'esprit monarchique envahirait peu à peu la nation tout entière.
L'esprit de famille est un esprit de détails et de minuties. C'est par la mort des chefs que les enfants 'acquièrent la liberté qui leur donne une existence ne dépendant que de la loi. Accoutumés à fléchir et à craindre dans cet âge de l'activité et de la force, comment acquerront-ils plus tard le courage et l'énergie nécessaires à leur nouvelle situation sociale i A mesure que les sentiments qui nous attachent à ce qui nous entoure augmentent, notre attachement à la patrie diminue.
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