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L'affaire Médiator n'a pas cessé de faire des vagues. Le tout dernier qui est aux trousses du Médiator est l'assurance-maladie. Cette dernière compte bien faire «valoir ses droits» contre le laboratoire Servier. Le but derrière cette démarche est de faire rembourser les frais médicaux des victimes du Médiator.
La prise en charge du Médiator aurait coûté 324,89 millions d'euros à l'assurance-maladie et 98,71 millions aux complémentaires santé. En somme la facture du Médiator s'élève à environ 423 millions d'euros.
« Et encore, cette somme ne correspond qu'au remboursement du médicament sur dix ans », fait ressortir le député socialiste de Haute-Garonne Gérard Bapt. « Le produit est resté sur le marché plus de trente ans et a provoqué d'autres coûts (consultations, hospitalisations, etc.) chez les patients victimes de complications » avance-t-il. Tout savoir sur les mutuelles
L'on doit aussi y ajouter les dépenses médicales des personnes qui ont pris le Médiator et qui présentent aujourd'hui des symptômes telles que la fatigue inexpliquée et l'essoufflement suite à un effort. Qui plus est, le ministère de la santé a déclaré que tous ces malades se verront attribuer une « prise en charge intégrale »
La Sécurité Sociale poursuivrait-elle Servier ?
Frédéric Van Roekeghem, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance-maladie (Cnam), a fait ressortir que, les caisses primaires d'assurance-maladie (Cpam) participeront aux procédures intentées par des victimes du Médiator afin que la « Sécurité sociale puisse se faire rembourser les sommes » indemnisées suite à la consommation du Médiator. Me Charles Joseph-Oudin, l'avocate des victimes du Médiator estime que cette démarche est tout à fait logique « Dans une procédure en responsabilité médicale, quand un médicament est en cause, la Cpam fait valoir ses droits de façon quasi automatique. Mais il s'agit de démarches à chaque fois individuelles. Dans le cas du Médiator, si Mme X. va en justice, sa caisse primaire pourra se joindre au contentieux et réclamer le remboursement des frais médicaux, mais uniquement de Mme X. Au niveau national, la Sécurité sociale n'a pas les moyens de réclamer le remboursement intégral des sommes liées au Médiator. »
Comment le laboratoire va-il contre-attaquer ?
Le silence est de mise du coté du laboratoire Servier. « Mais il semble certain que leur défense va porter sur deux points », explique Gérard Bapt. « Pour les non-diabétiques, qui ont pris du Médiator juste pour maigrir, le laboratoire va renvoyer la responsabilité sur les médecins qui ont fait ces prescriptions en dehors de l'autorisation de mise sur le marché (AMM), explique le député. Faites un devis mutuelle en ligne. Pour les prescriptions faites dans le cadre de l'AMM, Servier va se dédouaner en se retournant contre les autorités du médicament qui ont autorisé le Médiator. Sur ces deux points, le débat juridique s'annonce complexe. » D'après Me Joseph-Oudin, l'AMM n'est pas un « blanc-seing » qui permet de « laisser en circulation un produit qu'il sait dangereux ».

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