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Nous nous arrêtons seulement à 1852, aux débuts de la question. Gi- rardin jette son cri d'État Providence, un assureur le recueille et, concevant l'idée large autant qu'intéressante pour son promoteur il la présente au point de vue assurance aux Ministres de Napoléon, alors Prince-Président. Si nous nous reportons à quelques écrits antérieurs de M. Dubroca, nous constatons que ses idées sur l'assurance par l'État se sont modifiées en 1852, car ses ouvertures au gouvernement sont en contradiction avec cotte opinion précédemment formulée par lui (Revue des Assurances, tome IV. p. 76, et Pouget, dictionnaire, p. 34) : notre conviction profonde c'est que l'assurance par l'État est une chose mauvaise à tous les points de vue, complètement inapplicable ; c'est que l'État y perdrait la force morale, le prestige, qui doivent rehausser son autorité, et les citoyens, les garanties qu'ils sont en droit d'exiger quand leur fortune est en jeu... Cependant, il faut convenir que la contradiction absolue n'existe pas. M. Dubroca est écrivain, mais il est également directeur d'une Compa- gnie d'assurance le Palladium et, c'est à ce titre qu'il établit son projet. 11 veut l'assurance par l'Etat, mais pour le Palladium qu'on en juge :
Projet de Rapport au Prince-Président de la République
« Monseigneur, « Votre sollicitude constante pour les classes laborieuses de nos « campagnes vous fait rechercher les moyens de garantir leur chôtive « propriété.
« Parmi les fléaux auxquels elles sont d'autant plus exposées qu'elles « sont plus malheureuses, ilen estun contre lequel elles devraient trouver " un abri certain, c'est le feu.
« Et cependant soit à raison du prix de l'assurance trop élevé pour « les pauvres soit parce que ces risques, par leur peu d'importance, occa- » sionnent trop de frais aux assureurs pour qu'ils les acceptent, les jour- 6 naliers des campagnes et les petits cultivateurs n'ont aujourd'hui pour « ressource contre le fléau que la charité.
« J'ai pensé, Monseigneur, qu'il était digne de votre Gouvernement, 9 de mettre au service de ces malheureux une garantie réelle et complète « qu'il est possible de trouver dans une meilleure application des fonds de " secours inscrits dans notre budget et de convertir ainsi, en un acte de ' haute administration, ce qui n'est, depuis tant d'années, qu'un acte de " bienfaisance insuffisant
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