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Une relation sexuelle sur trois se serait produite sous l'emprise de l'alcool.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En France, parmi les adolescents de 15ans, un tiers a déjà connu une ivresse alcoolique. Trois jeunes sur cinq ont déjà pris de l'alcool : soit 65 % des garçons et 59 % des filles de cette même tranche d'âge. «On voit désormais aux urgences pédiatriques des cas de coma éthylique, ce qui n'était pas le cas encore récemment. Car l'âge de début d'alcoolisation a changé depuis une dizaine d'années, résume le D r Patrice Huerre, psychiatre et vice-président de la Maison des adolescents des Hauts-de-Seine. Avec leur look vestimentaire emprunté aux adultes comme les tenues de lolitas, les jeunes portent la panoplie des grands. Du coup, ils recherchent précocement des stimulations pour avoir le sentiment d'exister.» Tout savoir sur les mutuelles.
Ce qui est problématique dans le cas de ces jeunes, qui commencent à consommer de l'alcool dès qu'ils entament le cycle secondaire, est le fait que ce type de comportement devient tout à fait banal. «Bien souvent, ils n'attachent pas une importance excessive à l'alcool. Nous devons donc leur faire entendre que cette substance a un potentiel sournois, capable de développer une dépendance. Et ce, alors même qu'ils ne se sentent pas concernés, explique le Dr Alain Biron, psychiatre, chef de secteur en psychiatrie infanto-juvénile (Essonne). Par ailleurs, leur consommation étant épisodique et banalisée, ils n'ont pas le sentiment que boire peut les mettre en difficulté. C'est d'ailleurs tout le côté insidieux de l'alcoolisation occasionnelle.»
Certains médecins considèrent que la consommation de l'alcool est beaucoup plus grave que de fumer du cannabis. Le Dr Biron fait ressortir que «L'alcool est beaucoup plus inséré dans notre société, ce qui complique les choses». Qui plus est, la consommation de l'alcool se fait en groupe par des jeunes qui veulent trouver l'ivresse. «Ce n'est donc pas la recherche d'une désinhibition, relève le Dr Huerre. Ils existent grâce à l'excitation individuelle et groupale.» En consommant de la bière, ils ont une ivresse «soft mais profonde» et les alcools forts sont procurateurs des sensations plus importantes et plus rapides. Dans le but de se procurer une ivresse rapide, ils procèdent à des mélanges notamment le fameux cocktail «TGV» : tequila, gin, vodka. D'ordinaire, l'alcoolisation est entamée en début de soirée pour se « mettre en condition».
Les parents demeurent dans l'ignorance
Selon le Pr Claude Olievenstein toxicomanie se définit quand il y a la rencontre entre un individu, un produit et un contexte socioculturel. Toutefois le contexte actuel étant celui de la crise économique , «les parents sont inquiets pour l'avenir de leurs enfants. Dès le berceau, ils veillent à les exciter par toutes sortes de stimulations, observe le Dr Huerre. Je pense qu'il faut réintégrer l'idée de la rêverie et bien comprendre que le temps mort n'est pas une catastrophe. Les parents doivent accepter qu'il est possible de réussir dans la vie sans être gavé en permanence». D'après le Dr Biron, l'alcoolisation à un tel âge et avec un tel excès symbolise un décollement rupture par rapport à la pression sociale, familiale et sociétale. Faites un devis mutuelle en ligne.
Toutes les couches de la population sont touché et quelque soit les origines socioprofessionnelles, les parents demeurent ignorants du fait que leur enfant boit. Le poteau rose est découvert lorsque, l'adolescent se fait hospitalisé pour un coma éthylique. Le Dr Huerre fait ressortir qu'un tiers des relations sexuelles a lieu sous les effets de l'alcool. «Avec tout ce que cela sous-entend en termes de protection et de consentement», précise le spécialiste.
Catherine Hill, épidémiologiste de l'Institut Gustave Roussy (Villejuif) estime que «Les jeunes, c'est l'arbre qui cache la forêt ! Tout le monde boit trop en France, voilà le vrai souci, déplore-t-elle. Dans notre pays, la consommation moyenne des plus de 15 ans s'élève à de plus de 27 grammes par jour et par personne, sachant qu'un verre de 10 cl de vin à 12,5° fait 10 grammes.»

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