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Les acteurs de la santé se sont réunis pour tirer la sonnette d'alarme. Le collectif se pose en effet, des questions sur les aspects suivants : le financement de la surveillance du marché des médicaments, le contrôle des médicaments et l'autorisation de mise en vente et de retrait.
En effet en France c'est l'Afssaps ; agence français de sécurité sanitaire des produits de santé qui se charge de ces fonctions. Néanmoins, cet organisme fait l'objet de beaucoup d'interrogations concernant l'affaire Mediator. Tout savoir sur les mutuelles
Le médicament en question est un coupe-faim à destination des diabétiques en surpoids et des personnes qui veulent perdre du poids. L'on reproche au Mediator la mort de 500 personnes et 3500 hospitalisations sur le territoire Français. Produit par le laboratoire Servier, le médicament a été banni du marché il y a quelques années dès que l'on a constaté les cas de maladies cardiaques.
Qui d'autre pourrait- on blâmer dans cette affaire, sinon l'Afssaps ? La situation s'est elle aggravée à cause d'un manque de moyen ou à cause d'une proximité avec les laboratoires ?
Tant de questions qui restent sans réponse. Néanmoins, Me Charles Joseph-Oudin l'avocat des victimes du Mediator qui ont entamé des actions judiciaires auprès du procureur de Nanterre a déclaré : "J'espère qu'on pourra faire la lumière sur tout cela"
Le collectif Europe et médicaments a aussi exigé des explications concernant le fonctionnement du financement de l'agence de pharmacovigilance française. D'après un rapport du Sénat daté de 2006, cet organisme dépendrait "à 80% du produit des taxes versées par les firmes pharmaceutiques" et le collectif a fait appel à la "transparence" et "l'indépendance" des organismes qui sont chargés de la sécurité sanitaire.
Au sien de ce collectif, nous retrouvons 70 organisations notamment les mutuelles, les associations de consommateurs et de malades ainsi que des organismes professionnels, qui proviennent de 12 Etats titulaires de l'Union européenne. L'un des membres de ce collectif est la revue professionnelle Prescrire.
Interrogé à ce sujet, Antoine Vial, médecin et responsable de la revue Prescrire, exhorte l'Etat à "prendre ses responsabilités" et de "ne pas déléguer" en matière de santé publique. Retrouvez ci-dessous les quelques questions qui furent posées ainsi que, les réponses obtenues de la bouche d Antoine Vial. Faites un devis mutuelle en ligne.
Quels sont vos griefs contre l'Etat ?
"Cette affaire du Mediator est exemplaire. Quand l'Etat ne prend pas ses responsabilités et qu'il ne pense pas la surveillance du domaine de la santé comme une mission régalienne, il ouvre la porte à des arrangements avec le diable. Si on laisse la santé à des mains privées, on prend le risque d'une autre affaire Mediator." Selon vous L'Afssaps a-t-elle failli à son devoir ?
"C'est quand même l'agence qui est censée protéger le malade... Là, preuve est donnée qu'ils n'ont pas joué leur rôle."
Est-ce plausible de se fier aux études effectuées par les laboratoires pour avaliser la mise en vente sur le marché de leur propre produit ?
"L'Afssaps est tout à fait à même de demander des contre-expertises. Mais même sans aller jusque là, elle peut très bien savoir si les résultats des études sont sérieux." "Avec ces dossiers, si les choses ont été faites dans les règles et si les protocoles sont respectés, on peut savoir si oui ou non on autorise le médicament. A Prescrire, nous demandons à obtenir ces dossiers -que les labos transmettent avec plus ou moins d'aisance- et nous émettons des avis. Nous avions décelé tous les problèmes de pharmacovigilance des 10 dernières années. Pourquoi l'Afssaps ne l'a pas fait ?" Comment expliquer ce situation ?
"Premièrement, ils travaillent sans doute trop vite. Deuxièmement, ils ont des liens avec les laboratoires. Et j'ai tendance à croire que la chair est faible. En tout cas, la mienne l'est... et on ne reste pas insensible à ce que peuvent dire les laboratoires. Je dois être bête mais je ne pense pas qu'on puisse rester objectif quand on déjeune ou qu'on accepte des formations de la part des laboratoires pharmaceutiques."

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