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Pour tout patient souhaitant bénéficier d'une chambre individuelle, l'AP-HP va tenter une expérimentation consistant en la mise en place d'une tarification spécifique, dans cinq de ses hôpitaux. Patrick de Courcel, qui représente les usagers de l'hôpital Bichat (AP-HP), nous éclaire sur les raisons qui le poussent à encourager cette initiative.
Comment vous êtes-vous retrouvé à participer à la réflexion proposée par l'AP-HP, autour du projet d'expérimentation, et quel est donc votre avis sur le sujet ?
Lors d'une réunion en présence des représentants des usagers, en novembre, le projet d'expérimentation a été présenté par l'AP-HP. En tenant compte des garanties qu'apporte l'AP-HP sur le respect de quelques principes que je considère comme étant fondamentaux, j'ai estimé pouvoir encourager cette expérimentation ; j'y mettrai beaucoup de vigilance en la suivant. Tout savoir sur les mutuelles
En général, les patients préfèrent avoir une chambre particulière lors de leur hospitalisation à une chambre double. Bien sûr, tel n'est pas le cas pour tous les patients ; tous ne souhaitent pas être seuls, mais une chambre particulière est idéale pour jouir de plus d'intimité, recevoir ses proches, se reposer, lire, etc.
Une chambre individuelle peut toutefois être nécessaire au patient pour des cas bien spécifiques : les personnes mourantes, dans un grave état de santé, qui subissent de lourdes interventions chirurgicales ou ayant des maladies contagieuses.
Dans de telles situations, l'on ne peut exiger des patients dans un état aussi critique, de payer un frais supplémentaire. Le corps médical devrait en décider en fonction de l'état du patient. Disposer d'une chambre particulière pour les personnes ne recherchant que le confort personnel n'est pas prioritaire. D'ailleurs, l'on pourrait dans ce cas, exiger un supplément, que le patient et/ou sa mutuelle pourra prendre en charge. Faites un devis mutuelle en ligne.
On a déjà appliqué ce dispositif en régions. Dispose-t-on d'un recul suffisant pour évaluer son efficacité ?
Cette expérimentation devrait, selon moi, être réalisée à l'AP-HP, le temps qu'il faudra, pour examiner conjointement sa faisabilité au niveau administratif et dans la pratique, le nombre de patients en mesure d'être concernés, l'attitude des mutuelles, la façon de réagir des patients, les leçons à retenir à partir de la pratique d'autres hôpitaux français, etc. Ce dispositif s'applique déjà dans la majorité des hôpitaux de France, spécialement dans les Hospices civils de Lyon ou l'AP-HM de Marseille et je ne vois donc pas pourquoi l'AP-HP ne pourrait pas en faire de même.
L'évolution vers une hospitalisation « à deux classes » a fait l'objet de certaines critiques. Quelles sont vos réactions ?
Ces prises de position sont louables et méritent certes d'être considérées mais il faut tout de même s'interroger : N'y a-t-il pas un risque de voir l'hôpital public déserté pour le privé, si celui-ci n'arrive plus à prodiguer davantage de confort à ceux qui en demandent et sont capables de payer une somme supplémentaire pour la chambre particulière ? C'est dans ces cas la qu'on peut réellement parler « d'hospitalisation à deux classes ». Il faut en fait optimiser l'effort déployé pour la construction de chambres individuelles. Il n'y aura plus aucun problème le jour où il y aura des chambres individuelles seulement. Cela sera toutefois coûteux et prendra du temps.
Je représente des usagers qui considèrent que le plus important est que l'hôpital puisse apporter à tous les patients, des soins de qualité, en fonction de leur état de santé. Cet idéal devrait être maintenu en dépit des coûts onéreux des soins de santé, et dans un contexte où les moyens utilisés risquent d'être réduits en raison de la pression sur les tarifs des soins, surtout concernant le personnel soignant dont j'admire le travail et le dévouement. Si la tarification des chambres particulières s'avèrent être une manière de diminuer, même de façon modérée, cette pression, elle devrait alors être prise en considération, dès que les principes dominants, garantissant le protocole d'expérimentation que propose l'AP-HP, sont respectés. Petit rappel : les patients non concernés sont ceux dont l'état de santé nécessite une chambre particulière selon les médecins, les personnes mourantes, celles placées dans les services de réanimation, psychiatrie, soins intensifs, entre autres. Cela doit tout aussi bien être le résultat d'une décision sagement prise par le patient.
Il faut savoir que les représentants des usagers vont s'assurer du respect de ces principes, qu'ils feront preuve de vigilance et veilleront attentivement au bon déroulement de cette expérimentation.

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