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« chez nos voisins en faveur du socialisme étatiste. Les divers mono- « pôles proposés naguère, celui des allumettes, celui d'une banque « d'État, ne semblent pas appelés à beaucoup de succès quand on vu te prochainement statuer sur leur sort. L'assurance obligatoire en cas de ee maladie et en cas d'accident, pour laquelle, il y a deux ou trois ans à i peine, la Suisse paraissait de toutes les nations européennes la plus « avancée dans les voies allemandes, bien loin d'aboutir, voit de jour en « jour reculer l'époque où les Chambres aborderont la discussion des « projets Forrer, qui, nous l'avons déjà dit, ne satisfont jusqu'à présent « personne. Bref, il devient de moins en moins probable que nos voisins « renoncent au sage libéralisme économique qui était une des forces de
« leur laborieuse et prudente démocratie »
Comme l'affirme, d'autre part, la Bibliothèque universelle, on ne veut en Suisse es ni du Droit au Travail, — que l'État n'a pas la mission ou le « pouvoir de garantir, ni du minimum de salaire, grossière aberration économique, ni d'une réduction des heures de travail, qui n'aurait et d'autre effet que de rendre le travail plus abondant pour nos concur- « rents étrangers, ni de l'organisation des bourses de travail rôvolulion- « naires à l'instar de celle de Paris, ni de la protection légale des agita- it teurs ouvriers contre leurs patrons, ni de l'assurance publique contre « le chômage, gouffre que ne suffiraient pas à combler toutes les « ressources de l'État, ni de la permission accordée aux grévistes d'em- « piôter sur la liberté du travail, ni enfin du transfert de l'autorité patro- c nale aux mains de meneurs irresponsables (1). »
D'ailleurs le Bureau fédéral des assurances, ce Bureau qui compte des hommes si compétents et si remarquables, constate dans son rapport de 1886 les dangers du monopole de l'assurance par l'État :
« Il y avait alors à choisir, dit-il, entre trois systèmes : 1° création ee d'une institution nationale; 2° concordat entre les institutions cantonales; « 3° assurance libre.
ee Le premier de ces trois systèmes ne rencontra que peu de sym- « patine. Le deuxième échoua contre des difficultés insurmontables rôsi- « dant dans la diversité des risques d'incendie, dans l'inégalité d'étendue « des cantons et dans la différence des chiffres de sinistres par cantons. « Le troisième système, l'assurance libre, fut proclamé comme le seul
(1) M. Numa Droz, ancien Président de la Confédération, vient de publier m» remarquable article, dans la Bibliothèque universelle, dans lequel il repousse l'assu- rance obligatoire accidents.
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