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« La première de ces conditions reposait sur une hypothèse toute ,, contraire à la vérité : on supposait que les risques couverts par chaque «, Société pouvaient et devaient être identiques, tandis qu'en réalité les » risques étant presque toujours très différents, même lorsqu'ils sont ,< situés à peu de distance les uns des autres, l'égalité ne peut être établie « entre les associés que par des cotisations proportionnées aux risques et ,. non par des cotisations uniformes.
R Quant à la seconde condition, en n'admettant que d'étroites circon- t scriptions, on allait à rencontre de la plus essentielle nécessité de toute « assurance, qui est la division des risques.
* L'État n'est pas infaillible, hélas! et ses erreurs sont plus redou- « tables que celles des particuliers.
K II. — Voyons maintenant l'Etat contrôleur et tuteur des Compa- o gnies d'assurances : c'est l'attitude qu'il a prise ostensiblement, dès « l'origine, à l'égard des Compagnies d'assurances sur la vie. L'Etat a ¦i approuvé, autant dire rédigé les statuts; il a approuvé, autant dire « élaboré les tarifs et, après avoir assisté, comme une fée bienfaisante, à ¦i la naissance des Compagnies, il a laissé dire qu'il les surveillait, avec
* une vigilance toute paternelle, durant le cours de leur existence.
« Qu'a produit cette prétendue tutelle*administrative? Une catastrophe « — heureusement unique — la scandaleuse faillite du Crédit viager « (ax-Impériale) »
« La ruine accomplie, il s'est trouvé que l'Etat n'avait entendu
* donner que ce qu'on nomme, par antiphrase, une garantie morale. 11 « avait souscrit, comme Ninon, un billet à La Châtre.
« 11 est vrai que si l'Etat a échappé, dans cette circonstance, aux i conséquences matérielles de ce qu'on a appelé plus justement sa « complicité morale, c'est peut-être simplement parce qu'aucun pot de « terre n'a osé se heurter à ce pot de fer.
« Une créance sur l'Etat est excellente quand il veut bien payer, " mais d'un recouvrement très laborieux quand il fait la sourde oreille ! « Le cas du Crédit viager est, à la vérité, de tous points exceptionnel et « ne saurait se renouveler, j'en suis convaincu, mais un régime qui a « laissé se produire un pareil malheur est jugé et condamné.
« III. — Si, en troisième et dernier lieu, nous voulons voir ce « que vaut l'État assureur, nous en avons un échantillon dans les * Caisses d'assurances en cas de décès et en cas d'accidents, créées " par la loi du 11 juillet 1868 (1). Ces établissements, vous le savez,
Voir page 07 ot plus loin Assurance vie et Assurance accidents.
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