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Compagnies d'assurance incendie

„ évitant les agglomérations, ni se prémunir contre l'éventualité des„ immenses désastres. Ce qui est à la portée de la libre convention n'est„ pas à la portée de l'État, supprimant la…

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„ évitant les agglomérations, ni se prémunir contre l'éventualité des
„ immenses désastres. Ce qui est à la portée de la libre convention n'est
„ pas à la portée de l'État, supprimant la liberté des conventions et
, substituant l'impôt à la prime librement débattue. Toute exception
„ arbitraire détruit la thèse, en ce qu'elle a de spécieux. Toute exception
.. révolterait justement les assurés qui auraient payé l'impôt et ne
„ seraient pas indemnisés. Or, les assurés seraient la masse des citoyens.

« Nous arrivons à une dernière considération, qui est particulière-
u ment effrayante.

« Nous avons dit que, pour sauver leur crédit, les Compagnies d'as-
« surances contre l'incendie exceptent les incendies de la guerre et des
. discordes civiles. L'État qui aurait exigé l'impôt d'assurance ne
o pourrait pas faire cette exception, ou encore une fois, il renverserait
, la thèse en soulevant de légitimes colères ; cela n'est permis qu'à la
. libre convention. L'Etat aurait donc indemnisé les incendies de la
t Commune. Mais ce n'est rien et voici ce qui est particulièrement
« effrayant.

« On propose de mettre l'arme la plus terrible aux mains des enne-
« mis de l'Etat, soit extérieurs, soit intérieurs. L'incendie ne sera plus
« seulement, ou l'accident causé par des projectiles dans la ville bom-
« bardée, ou l'explosion de fureurs surexcitées. L'incendie sera un
« moyen systématique, ordonné avec calme pour ruiner les finances de
« l'Etat ennemi. L'Etat n'est-il point l'assureur des propriétés privées, et
« n'esl-il pas' de bonne guerre de briser chez l'ennemi le nerf de la
« guerre ?

« C'en est assez. La thèse de l'assurance par l'Etat conduit à ces
« deux résultats : la banqueroute de l'État, et le retour à la barbarie
« dans les moeurs de la guerre. Le principe de la liberté des conventions
<¦'¦ est préférable. »

Une conférence de M. Thomereau. — « L'État, dit M. Thomereau
« dans une récente conférence qu'il a faite à la Société d'économie politique,
« a bien des manières d'intervenir dans les assurances (I) :

« Il peut se réserver d'autoriser les Sociétés et leur imposer certains
" modes d'opérer et certaines limites.

" Il peut se constituer le contrôleur des Sociétés et conséquemment
" être ou paraître le garant de leurs opérations.

•Il Conférence publiée et éditée par la Librairie des Assurances.