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Mutuelle Providence Universelle

«Vue bien, différents, môme contradictoires. Pour les uns, il s'agirait« d'un immense bienfait social. L'Etat serait la Providence universelle,« réparant tous les désastres, indemnisant les…

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«Vue bien, différents, môme contradictoires. Pour les uns, il s'agirait
« d'un immense bienfait social. L'Etat serait la Providence universelle,
« réparant tous les désastres, indemnisant les citoyens de tous les préju-
« dices éprouvés par des accidents quelconques. Pour les autres, le but
serait moins vaste et moins humanitaire. 11 ne s'agirait que de procurer
« au Trésor appauvri des ressources budgétaires, par une exploitation
« lucrative des assurances ou de certaines assurances. Il conviendrait do
« s'entendre et les deux buts sont malaisément conciliables. L*Etnt
« serait-il Providence ou spéculateur V

« Nous avons réfuté la thèse dans un écrit spécial, avec des dêvelop-
« pements que ne comporte pas ce travail {De ïAssurance par l'État) (i).
« Nous nous bornons à reprendre sommairement ici chacune des obser-
« vations présentées. Toutes sont des arguments pôremptoires contre lu
« thèse.

« Nous avons dit d'abord que l'assureur prend sur lui le péril de la
« chose d'autrui. Nous avons ajouté qu'il stipule un prix qui est présumé
o représenter la valeur véritable du risque, les frais et l'espoir d'un
v bénéfice. Il n'y a pas tf autrui pour l'Etat, et la notion contractuelle
« disparaît. L'Etat prendra sur lui tous les périls quelconques, et la thèse
« n'est spécieuse que par son universalité. La notion de bénéfice disparait
« aussi. La prime, qui sera l'impôt, devra représenter la valeur des ris-
« ques et les frais. Qu'on cesse donc de parler d'enrichir le Trésor
« public.

« Nous avons dit que l'assuré discute, marchande le taux de la
« prime, laquelle n'échappe pas à la loi de la concurrence, à la loi
« économique de l'offre et de la demande. L'Etat n'a pas de concurrent,
« et l'on ne marchande pas avec le percepteur. Toute liberté de discus-
« sion est supprimée. L'impôt sera fixé arbitrairement.

« Nous avons dit combien vaine est d'ordinaire la statistique poul-
et déterminer la valeur des risques et le taux de la prime. La statistique
« n'existe pas encore ou elle est attardée. Tous les jours se produisent
« des risques nouveaux ou des modifications des risques connus.

« Nous avons montré les procédés d'appréciation des assureurs
« de profession, mélange de prudence et de hardiesse, d'expérience et
« d'intuition. Nous avons dit que l'appréciation-est souvent individuelle
« pour chaque risque, influencée par des considérations morales et
« personnelles. Tout cela est couvert par la libre discussion, suivie de
« la libre convention. La confiance ne se commande pasj non plus que