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réparer un préjudice et ne doit jamais constituer un bénéfice. En mêmetemps, avec leur esprit pratique, ils l'entouraient des précautions néces-saires pour écarter toute fraude et toute…

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réparer un préjudice et ne doit jamais constituer un bénéfice. En même
temps, avec leur esprit pratique, ils l'entouraient des précautions néces-
saires pour écarter toute fraude et toute négligence.

Voilà donc l'assurance pratiquée par les Hébreux ; malheureusement
sa forme primitive qui semble être si rationnelle ne s'étendait pas aux
autres peuples environnants.

Ni les Assyriens, peuple commerçant maritime et terrestre, ni les
Égyptiens, ni les Grecs et Carthage la grande cité, alors reine des mers,
ne pratiquaient l'assurance.

L'Extrême-Orient, lui-même, ce berceau de la civilisation où la
condition sociale de l'homme existait, dit-on, il y a cinquante-quatre
siècles, n'a laissé aucun vestige où l'on puisse retrouver la réglementa-
tion même superficielle soit de la prévention, soit de la réparation d'un
dommage matériel survenu.

Si l'assurance telle que la conçoivent les besoins et les exigences
du commerce, de la propriété et de la responsabilité n'existait pas dans
l'antiquité, du moins sa formule consciente se dégageait-elle des
nombreuses et originales oeuvres d'assistance qui apportaient en ces
temps éloignés quelques soulagements aux infortunes.

Ainsi l'État grec prenait soin et se chargeait des enfants de ceux
qui avaient sacrifié leur vie pour le salut de la patrie. A Rome des indi-
vidus mettaient en commun tous leurs biens présents et à venir afin d'en
réaliser un bénéfice et se garantir contre les coups du sort.

D'après les auteurs contemporains, à Rome encore, des citoyens se
faisaient constituer des rentes viagères. Le Journal des actuaires de
Londres et Je Moniteur des assurances do Paris ont même à ce sujet
signalé l'existence de la première table de mortalité (1).

Viennent ensuite les associations et les corporations du bas Empire.
Les individus d'une même profession se groupaient et se constituaient
en société de secours mutuels. Une caisse commune recevait les
cotisations et en cas de décès on prenait dans cette caisse nommée
funératienne une somme qui, remise à l'héritier du mort, servait aux frais
de la sépulture et aux cérémonies religieuses qui l'accompagnaient; on
croit encore que des secours étaient donnés pour les cas de maladie. Au
reste, les caisses funéraires sont des institutions qui ont traversé les
siècles puisqu'elles fonctionnent en Hollande et sont très appréciées en
Angleterre.

En France même, tout dernièrement une société de ce genre annon-

(1) Voir Histoire de l'assurance sur la oie.